FORT BARRAUX
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Glossaire spécifique au Fort-Barraux

(B) Robert Bornecque : "L'architecture militaire dans les Alpes et le Jura (XVIIème et XVIIIème siècles)"
Thèse présentée devant l'Université Paris IV, le 24 mai 1976.
(F) Nicolas Faucherre : "Places fortes, bastion du pouvoir" Edition Remparts
(P) Jean-Marie Pérouse de Montclos : "Architecture - Vocabulaire" Paris, Imprimerie Nationale
(S) Pierre Sailhan : "La fortification" Histoire et dictionnaire, Tallandier

Angle flanquant

Angle par lequel le flanc d'un bastion se rattache à la courtine. Sa valeur a varié selon les époques. (B)

Angle flanqué

Angle saillant ou pointe d'un bastion ou d'une demi-lune, défendu par les flancs des ouvrages voisins. (B)

Angle mort

Espace non battu par le tir. (P)

Arc aveugle

Arc en pierres de taille ou en briques incorporées à un mur pour le protéger des affaissements et spécialement des effets de sape. (S) Utilisé aussi au-dessus des fenêtres et des portes. Souvent remplacé dans ce cas par un simple triangle de décharge.

Arquebusière

Meurtrière destinée au tir des armes à feu portatives. (S)

Attaque

Cheminement en tranchée conduisant vers la place assiégée. (F)

Avancées

Eléments des fortifications situées au-delà du fossé : chemin couvert et glacis. (F)

Banquette

Ressaut terrassé situé sur le rempart, du côté du parapet, pour servir d'emplacement aux tireurs. (B)

Bascule en-dessous (pont à)

Type de pont-levis dont la partie intérieure, servant de contrepoids, s'enfonce dans une fosse lorsque le pont se relève. (S)

Bastion

Ouvrage pentagonal faisant saillie sur une enceinte. Il est dit vide lorsqu'il est terrassé seulement le long des revêtements. (F) "Partie de l'enceinte du corps de place, saillante vers la campagne et formée de quatre côtés". Vauban

Blindage

Opération destinée à accroître la résistance d'un bâtiment à la bombe. On blindait en boisant un local comme une galerie de mine. Le cas échéant, on couvrait l'édifice décoiffé de sa charpente, avec une épaisseur de terre. (B)

Blocage

Garnissage de l'intérieur d'un mur, entre les parements, avec une maçonnerie grossière. (S)

Bombe

Projectile explosif (qualifié par Vauban de "diablerie") lancé par un mortier. Grâce à leur trajectoire très courbe et relativement longue, les bombes pouvaient atteindre l'intérieur des places. Outre leur imprécision et la lenteur de leur tir (trois coups à l'heure au maximum), ces mortiers avaient contre eux un poids énorme qui limitait leur emploi contre les places de montagnes. Les effets des bombes étaient très impressionnants. (B)

Bonnet de prêtre

Ouvrage avancé composé d'un saillant central entre deux courtines, formant i, dièdre rentrant en face à la campagne. Le plan général évoque une barette avec son pompon (ex. au Fort Saint-André de Salins). (B)

Bossage

Saillie donnée à chacun des quartiers de pierre de taille d'une maçonnerie. Sa surface peut-être : plane, rustique, en pointe de diamant ou bombé. (S)

Cannonière

Meurtrière destinée au tir des armes à feu, quel qu'en soit le calibre. (S)

Capitale

Axe principal d'un ouvrage. La capitale d'une tour est perpendiculaire à sa gorge. La capitale d'un bastion est la bissectrice d'un angle saillant. (F)

Casemate

Salle voûtée "à l'épreuve", située dans le corps même du rempart. On y pratique souvent une ou plusieurs embrassures d'artillerie. Un des problèmes posés par les casemates réside dans l'évacuation de la fumée. (B)

Cavalier

Masse de terre élevée sur le milieu d'un bastion plein, pour mieux découvrir le terrain en avant de la place. On a fait également des cavaliers en maçonnerie, généralement casematés (ex. Barraux 1791 - D'aràn - Haxo). (B) A l'intérieur du corps de place, ouvrage en terre-plein portant de l'artillerie et placé sur un autre ouvrage dont il double les feux. L'assiégeant peut aussi construire des cavaliers de tranchée. (F)

Chaînage

Superposition de quartiers de pierre de taille insérés dans un parement de mur pour le renforcer. On place très fréquemment des chaînages aux angles. (S)

Chemin-couvert

Itinéraire aménagé sur le bord extérieur du fossé et protégé par la tête du glacis, de façon à servir de chemin de ronde et de ligne de combat. De loin en loin, des espaces plus larges où se regroupent les troupes forment les places d'armes rentrantes ou saillantes. (B)

Chemin de ronde

Passage continu aménagé au sommet d'une courtine ou d'une tour et destiné aux guetteurs et aux tireurs. (S)

Circonvallation

Dans le système d'attaque de Vauban, ligne de retranchement ceinturant la place et destinée à interdire à une armée de secours de venir en aide à la garnison. (F)

Commander

Un ouvrage commande un autre ouvrage quand il le domine de façon à le surveiller, le défendre et, au besoin, le battre. (F)

Contregarde

Ouvrage extérieur bas protégeant à distance les faces d'un bastion, tout en doublant la ligne de feux. (F) Ouvrage en forme de V renversé qu'on place en avant de la pointe d'un bastion ou d'une demi-lune. Les contregardes protègent l'ouvrage situé en arrière (d'où l'autre nom de couvre-face) et fournissent un étage de feux supplémentaire. (B)

Contremine

Charge explosive bourrée au fond d'une galerie creusée par l'assiégé : a) à l'avance pour arrêter l'ennemi en un point sensible ; b) au cours du siège, pour essayer, en faisant jouer la mine le premier, de détruire les galeries de l'assiégeant. (B) La rencontre des deux restera longtemps un combat noble. (F)

Contrescarpe

Versant d'un fossé situé du côté extérieur. (B)

Cordon

Moulure torique, d'une saillie de l'ordre de 15 à 20 cm, placée sur l'escarpe d'un ouvrage et marquant la limite entre le rempart (partie talutée) et le parapet. (B)

Corps de place

Enceinte principale d'une place. (F)

Coup de sabre

Superposition de plusieurs meurtrières, dans le prolongement les unes des autres : affaiblissant la maçonnerie, est à proscrire. (S)

Courtine

Partie de l'enceinte qui joint les flancs de deux bastions voisins. (B)

Crapaudine

Bloc de bronze évidé dans lequel pivotent les tourillons d'un pont-levis ou de ses flèches, ou les battants d'une porte. (B)

Cunette

Canal établi au fond d'un fossé sec pour drainer les eaux pluviales, pouvant constituer un obstacle supplémentaire. (F)

Dame ou demoiselle

Obstacle massif en forme de tourelle pleine, posé sur le faîte d'un batardeau, pour empêcher que celui-ci ne serve de cheminement à l'assiégeant. (F) Son nom viendrait du fait qu'on la serrait dans ses bras pour essayer de franchir l'obstacle. (B)

Défilé

Caché aux vues et aux coups de l'ennemi. (F)

Dehors

Désigne les ouvrages qui, sans être rattachés au corps de place, sont construits dans le fossé. Se distingue de l'ouvrage avancé ou de "l'avancée", qui est construit au delà du chemin couvert. (F)

Demi-lune

Dehors retranché placé devant la courtine et entièrement cerné de fossés. Elle peut posséder des flancs. (F) La gorge de la demi-lune peut être ouverte ou fermée. (B)

Double caponnière

Chemin dissimulé entre deux parapets en glacis qui peuvent être rendus défensifs par des banquettes d'infanterie. Il est construit au fond et au travers d'un fossé sec vis-à-vis du milieu d'un front bastionné du corps de place ou d'une tenaille et permettant de communiquer entre le corps de place et un dehors, notamment en demi-lune. (P)

Ebrasement

Accroissement de la largeur d'une meurtrière, de la fente vers l'intérieur. (S)

Echauguette

Petite tour ronde ou polygonale, placée en encorbellement sur un cul de lampe, dotée d'embrasures et servant pour le guet, mais aussi pour le combat. On plaçait les échauguettes aux pointes et aux épaules des bastions et parfois des demi-lunes). Elles pouvaient être de pierre ou (rarement) de bois. (B)

Embrasure

Synonyme de créneau : ouverture dans un parapet ou une casemate pour permettre le tir. (F) Une embrassure peut-être ouverte vers le haut, ou au contraire fermée par une voûte. Les embrasures à canon sont plus grandes et présentent un double évasement vers l'intérieur et l'extérieur. La partie inférieure ou plongée affecte des pentes diverses. Les embrasures à fusil sont en dièdre simple et s'ouvrent sur le parement extérieur par une simple fente. (B)

Epaisseur réduite

le terme "réduite" signifie qu'on a fait la moyenne arithmétique de l'épaisseur du pied et du sommet du rempart. (B)

Epaule

Angle saillant formé par une face et le flanc adjacent d'un bastion : il y a deux épaules. (S)

Escarpe

Côté d'un rempart ou d'un parapet tourné vers l'extérieur d'un ouvrage. L'escarpe constitue généralement l'un des versants du fossé. (B)

Evasement

Accroissement de la largeur d'une meurtrière, de la fente vers l'extérieur. (S)

Event

Orifice ou conduit pour la ventilation d'une casemate. (F)

Faces

Deux côtés les plus extérieurs d'un bastion ou d'une demi-lune et qui en forment l'angle saillant. (B)

Fascine

Fagot de branchages servant à retenir les terres d'un remblai. (F)

Fausse braie

Enceinte basse enveloppant une partie ou la totalité du corps de place. Contrairement à la braie, la fausse braie est remparée. (F) Il n'est pas toujours possible d'inscrire la crête des ouvrages successifs sur une pente douce vers l'extérieur. Le rempart donne alors des tirs trop plongeants : on peut établir à son pied une ligne bastionnée beaucoup plus basse, dont la position est avantageuse. (B)

Flancs

Les deux côtés d'un bastion ou d'une demi-lune qui joignent les épaules à la courtine. Ils flanquent les faces des ouvrages voisins. (B) Le raccord de la face et du flanc est un angle d'épaule. (F)

Flanquement

Disposition permettant de tirer parallèlement à la ligne de défense, devant celle-ci. (S)

Flèches

1er sens : pièces de bois pivotant autour d'un axe horizontal et entraînant, grâce à des chaînes, le tablier d'un pont-levis. 2ème sens : pièce de fortification terrassée, généralement non-revêtue, en forme de flèche, placée par exemple en avant de la pointe d'un bastion. (ex. : projet de Barraux en 1750). (B)

Fossé

Coupure de dimensions variables, sèche ou emplie d'eau, qui entoure le plus souvent le corps de place et la plupart des dehors. (B)

Front

Côté d'un ouvrage faisant face à la progression de l'ennemi. (S)

Front bastionné

Tracé dont toutes les parties se flanquent réciproquement. Il comprend donc cinq lignes : les faces et les flancs des deux bastions et la courtine intermédiaire. (F)

Angle flanquant

Angle par lequel le flanc d'un bastion se rattache à la courtine. Sa valeur a varié selon les époques. (B)