FORT BARRAUX
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Fort Barraux Prison

Au cours de son histoire, Fort-Barraux a souvent servi de prison.

La première internée célèbre, à la mort de Lesdiguières, fut sa veuve, la belle et intrigante Marie Vignon. Elle avait "affolé d'amour" le Connétable vieillissant qui, pour l'épouser, aurait fait tuer le mari gênant.

Barnave, député du Dauphiné, après son arrestation à Saint-Egrève et son emprisonnement à Grenoble, y a séjourné aussi, probablement pour qu'une évasion lui fut plus facile. Mais rongé par une passion secrète et sans espoir pour la Reine Marie-Antoinette, il refusa de s'échapper, se condamnant ainsi à l'échafaud.

En 1915, le Fort servit de camp d'internement pour des officiers supérieurs allemands faits prisonniers. Une évasion réussie grâce à une galerie souterraine fit "grand bruit" à l'époque, mais n'est pas attestée.

Du 1er septembre au 30 octobre 1937, le Fort hébergea des réfugiés espagnols.

Après 1940, devenu Centre de séjour surveillé, il fut occupé par des détenus politiques et de droit commun.
En août 1942, des juifs, raflés en Isère et dans les départements limitrophes, y passèrent une quinzaine de jours avant d'être envoyés à Vénissieux, Drancy puis Auschwitz.
Des prisonniers gravement malades et jugés inguérissables séjournèrent également au Fort. On estime que près de deux cents morts ont été, de ce fait, ensevelis à proximité.

Après la Libération et jusqu'en 1947, Barraux servit à l'internement de prisonniers de guerre allemands, sous la garde de tirailleurs sénégalais.

Les murs de la chapelle, les cachots et plusieurs pièces des autres bâtiments portent, sous la forme de peintures et de graffitis, les témoignages du passage douloureux, au fil des années, de ces hommes privés de liberté.